Snesup Lille 1

Projet stratégique U Lille : déclaration FSU au congrès des conseils du 31/1/2019

mardi 12 février 2019 par Claire Bornais

Les documents qui nous sont présentés « Projet Stratégique, contrat quinquennal 2020-2024 » et « Tableau de bord » énumèrent des pistes qui semblent irréalistes en période de difficultés budgétaires. Comment les atteindre avec moins de moyens financiers et humains ?

La construction de l’Université Lille Nord Europe : Pourquoi se lancer dans la construction d’un établissement expérimental dérogatoire, alors que la situation de l’Université de Lille fusionnée n’est pas stabilisée ? Un tel projet nécessiterait la mobilisation de ressources financières importantes, mais cet aspect est complètement occulté. La FSU a réclamé, à plusieurs reprises en comité technique, un bilan des coûts humain et financiers de la fusion versus les avantages acquis, sans obtenir de
réponse. Pourquoi prévoir plus grand alors que déjà la fin de la Comue est annoncée ?

La « gouvernance et le pilotage » : bien que proposant entre autres la « maîtrise de la masse salariale », de « revoir le plan d’investissement sur le patrimoine » et « d’augmenter les ressources propres », », objectifs nécessitant le débat dans la communauté et la délibération des instances, ce projet n’évoque pas le rôle des conseils, pourtant au fondement de la démocratie, encore moins le rôle incontournable des organisations syndicales.

La recherche (ne vient qu’en 3ème item) : L’internationalisation est présentée comme le salut de l’université. En mettant l’accent sur l’attirance de compétences extérieures, ce projet laisse entendre que l’université de Lille est incapable de former elle-même des chercheurs du plus haut niveau ! L’Isite qui concentre déjà beaucoup de moyens est assurée de « soutien et moyens supplémentaires », mais rien n’est dit de leur source. Comment assurer « l’expansion de son périmètre » et sur quels critères ? Nous sommes favorables aux « décharges d’enseignement » si des postes supplémentaires sont créés. Les pressions subies en termes de rentabilité de publications ont autorisé des comportements individualistes. Comment mettre en place ce genre de contrôle, alors que de bons index font de bonnes promotions ?

La politique de formation tout au long de la vie : Nous allons devoir gérer les générations qui auront subi la réforme du bac, parcoursup. La solution semble encore l’« internationalisation » ?

La vie du campus : Le sentiment d’appartenance ne se décrète pas et les projets de communication qui y sont liés ne résoudront pas les difficultés. Beaucoup de projets sont louables mais il n’y a pas de programme de prise en compte du handicap, ni de la mise aux normes du bâti et d’accessibilité des locaux.

La politique européenne et internationale : Pourquoi les cibles choisies sont-elles prioritairement l’Amérique latine et l’Asie ? Exit l’Afrique francophone, plus proche géographiquement, déjà écartée par le projet de la hausse des frais d’inscription des étudiants extra-communautaires rejeté par la communauté universitaire et de multiples organisations (cf. notamment la pétition qui vient d’être adressée à l’équipe présidentielle).
(plus de 13 universités se positionnent contre) !

Pour la FSU, la priorité des universitaires n’est pas de participer « aux réunions dans les lieux de pouvoir », mais plutôt de développer la recherche et de transmettre. Les préoccupations exposées sont organisationnelles sans prévoir de promotion du fonctionnement démocratique inscrit dans la loi depuis 50 ans. Il est proposé une subordination accrue au monde économique et une logique d’entreprise qui ne correspond pas à celle d’un service public accessible à tous. Le désengagement de l’Etat et des collectivités territoriales serait-il compensé par les entreprises ?
La FSU s’oppose à la constitution de gigantesques institutions anti-démocratiques, tout en réduisant les moyens et multipliant les ouvertures vers la marchandisation du service public qui met en concurrence les universités à l’échelle du territoire. Ce projet passe complètement sous silence les inévitables effets sur la structuration de l’enseignement supérieur et de la recherche dans la région. Les inquiétudes des universitaires concernent la dérégulation annoncée dans l’arrêté licence, rompant avec le principe du caractère national des diplômes d’Etat, la perte de vue d’une formation homogène sur le territoire, un décalage encore plus grand entre la licence et le master, l’augmentation des frais d’inscription, le bien-être des personnels et des usagers, la réduction de la précarité !


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