Snesup Lille 1

Mise en danger des master de formation des enseignants : à qui profite le crime ?

dimanche 20 mars 2011 par Claire Bornais

Les faits

Quelques récentes décisions [1] de la direction de l’Université d’Artois vont considérablement affaiblir les master de formation d’enseignants des 6 universités de la région à la rentrée 2011, et en particulier les enseignements professionnalisants [2]. Ainsi, il a été décidé (et cela apparemment en accord avec Madame le Recteur de l’académie) que :

- les formateurs du second degré affectés en temps partagé à l’IUFM seraient réintégrés à temps plein dans le secondaire. Ces 33 collègues [3], qui
interviennent dans les unités professionnalisantes des différents Masters
enseignement des universités de l’académie ont tous reçu il y a quelques jours une lettre du secrétariat général, leur annonçant que l’université d’Artois les remerciait de
leurs interventions mais ne pouvait plus les garder à partir de la rentrée
prochaine. Voir ce courrier.

-  les universités devront payer pour les prestations des formateurs
IUFM
dans les master d’enseignement qu’elles délivrent. Pour 2010-2011, selon l’accord du 12 janvier 2010 signé entre les 6 présidents des universités de l’académie, c’est l’université d’Artois, intégratrice de l’IUFM, qui les finance. [4]. Voir la lettre du président d’Artois du 19 janvier 2011 informant les présidents des autres universités de cette décision.

- des postes vacants de l’IUFM seront gelés pour faire des économies sur la masse salariale, insuffisamment estimée par le ministère lors du passage aux RCE selon la direction de l’Université d’Artois : 11 postes de MCF et 16 postes de PRAG-PRCE.

Les conséquences sur le terrain

- le potentiel d’enseignement de l’IUFM va donc baisser sévèrement, et selon des informations obtenues à l’IUFM, pour assurer les enseignements dans les master "prof d’école", il va falloir "rappatrier" tous les collègues
PRAG-PRCE de l’IUFM qui interviennent dans des master enseignement dans les
autres Universités, lesquelles devront donc trouver le moyen de les remplacer

- les enseignements des UE 5 et 6 (UE professionalisantes) ne pourront plus être assurés faute de formateurs, et les manques affecteront
tous les master d’enseignement, y compris ceux de l’Artois à la
rentrée 2011.

  • 10 disciplines seront touchées au niveau de l’UE 5 (dont surtout les master enseignement de maths, physique-chimie, SVT, de langues. Il ne sera plus possible d’assurer les enseignements et la mise en stage l’an prochain.
  • il n’y aura plus que la moitié de capacité d’enseignement pour le C2I2E (certification informatique et internet pour l’enseignement, obligatoire pour pouvoir se présenter au concours pour un candidat)
  • toute l’UE6 s’effondre ou presque, particulièrement à l’UA (Arras, Lens, Villeneuve d’Ascq)

- les collègues en temps partagé assurant également de la
coordination, que ne pourraient pas faire des vacataires, il serait
illusoire de croire que les choses pourraient tourner simplement en demandant
à ces collègues de venir enseigner en heures complémentaires en plus de leur plein temps en collège ou lycée

- Il y a aussi 18 contractuels enseignants qui avaient été recrutés
spécifiquement en septembre 2010 par l’Artois pour assurer pour
cette année les UE 5 et 6 de tous les master d’enseignement,
conformément à l’accord du 12 janvier, et dont le contrat ne sera
pas renouvelé à la rentrée prochaine (leur masse salariale n’avait
pas été prévue pour le passage aux RCE). Et il est à prévoir que les
personnels BIATOSS contractuels de l’IUFM soient concernés aussi
rapidement.

Clairement, cette série de décisions met à mal les master enseignement du public à partir de la rentrée prochaine. Une question se pose alors :
Est-ce seulement une coïncidence si cela intervient à
la même période que le conventionnement de l’université d’Artois avec l’Institut Catholique de Lille pour des master d’enseignement qui concurrencent directement la quasi-totalité de ceux des universités de l’académie ?
en savoir plus sur cette convention et l’analyse de son potentiel de destruction de l’enseignement public et laïque par Jacques Stambouli (MCF en Sciences de
Gestion et Aménagement, secrétaire adjoint du SNESUP de l’Université
d’Artois) : L’OFFENSIVE DE L’INSTITUT CATHOLIQUE DE LILLE SUR LES
FORMATIONS UNIVERSITAIRES DANS LA REGION NORD : TROIS ENJEUX ET UNE
QUESTION.

[1apparemment liées à une masse salariale insuffisante rendant difficile le passage aux Responsabilités et Compétences Elargies

[2alors que la formation professionnelle des enseignants débutants a disparu, avec la mise en stage à plein temps des lauréats des concours. Voir ici pour plus d’éléments

[3pour 19 équivalent temps plein (soit
environ 900000 euro de masse salariale

[4Ce qui ne paraît pas complètement aberrant, puisque l’IUFM avait - avant son intégration dans une seule université - été doté de moyens pour intervenir dans toute l’académie dans la formation des enseignants à tous les niveaux


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